« Est-ce que tu respires ? » C'est une question que je me pose souvent en séance. Pendant un massage bien-être, beaucoup de personnes retiennent leur souffle sans s'en rendre compte, surtout au début. Voici pourquoi la respiration compte autant, et comment l'accompagner simplement, sans technique compliquée.
Une phrase venue d'une séance de Rebirth
« Si tu respires, c'est que tu es vivant et que tu as ta place dans ce monde. » Cette phrase m'est venue après une séance de Rebirth, une pratique entièrement centrée sur le souffle. Elle m'accompagne depuis dans mes massages : respirer, c'est déjà être là, dans son corps, sans rien avoir à prouver.
Respiration et émotions : un lien à double sens
Notre respiration suit nos émotions. Face à un stress, elle devient plus haute, plus rapide, parfois bloquée. Quand on se sent en sécurité, elle ralentit et descend vers le ventre, sans effort. Ce lien est bien décrit en physiologie (Homma et Masaoka, 2008).
Il fonctionne aussi en partie dans l'autre sens. Ralentir sa respiration, et surtout allonger l'expiration, est associé à une activité accrue du système nerveux du repos. Les études sur la respiration lente vont dans ce sens, même si elles portent souvent sur de petits groupes (Zaccaro et al., 2018).
C'est aussi pour cela que la respiration reflète souvent ce que l'on traverse, sous forme de tensions émotionnelles dans le corps.
Ce qui se passe quand on retient son souffle
Retenir sa respiration est un réflexe de protection : on se prépare, on se tient. Pendant un massage, cela arrive souvent au premier contact, sur une zone sensible, ou quand une émotion affleure. Le corps reste alors légèrement sur le qui-vive, et il est plus difficile de se relâcher.
Il ne s'agit pas de se forcer. Remarquer simplement « tiens, je bloque » suffit souvent pour que le souffle reparte de lui-même.
Comment respirer pendant un massage
Pas besoin d'apprendre une technique. Quelques repères suffisent :
- laissez l'expiration être un peu plus longue que l'inspiration, comme un soupir tranquille ;
- laissez le ventre se soulever et redescendre, sans chercher à le contrôler ;
- respirez plus lentement, pas plus fort.
Ce dernier point compte. Respirer trop vite ou trop amplement pendant plusieurs minutes peut provoquer des fourmillements ou des vertiges, liés à une baisse du CO₂ dans le sang. C'est un effet connu des pratiques de respiration intense, que je détaille dans la page sur les risques et contre-indications du breathwork. Pendant un massage, ce n'est pas le but : le souffle accompagne la détente, il ne la force pas.
En séance, il m'arrive simplement de vous inviter à remarquer votre respiration, sans rien imposer.
Le souffle, un chemin vers ses sensations
Suivre son souffle est une manière simple de revenir au présent. L'attention quitte le flot des pensées et se pose sur ce que le corps ressent : la chaleur des mains, le poids du corps sur le futon, une tension qui se desserre. C'est souvent à ce moment-là que le massage change de qualité, un peu comme je le décris dans l'article sur la présence en massage.
Si vous avez du mal à vous relâcher, l'article sur le lâcher-prise peut vous éclairer. Et si vous souhaitez explorer plus en profondeur le lien entre souffle, émotions et corps, c'est l'un des axes de l'accompagnement psychocorporel.
Et si vous voulez aller plus loin avec le souffle
Le Rebirth propose une autre expérience : une séance entière consacrée à la respiration, à votre rythme et accompagnée du début à la fin. Pour savoir concrètement comment se déroule une séance de Rebirth, tout est expliqué pas à pas.
Envie de mettre tout cela en pratique, simplement allongé·e et accompagné·e ? Réservez votre massage bien-être.
