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Pourquoi mon corps me fait peur ?

Sommaire

Dès qu'une sensation monte, vous détournez l'attention. Un cœur qui bat un peu vite, une boule dans la gorge, une tension au ventre, et c'est comme une alarme. Vous restez occupée, toujours en mouvement, parce que vous arrêter, ça voudrait dire sentir. Et sentir, ça fait peur.

Ce n'est pas rationnel, vous le savez. Mais la peur est là quand même : une appréhension sourde dès que vous vous approchez de ce qui se passe à l'intérieur. Le malaise quand on vous propose de fermer les yeux et d'écouter votre corps. La méfiance face à vos propres sensations.

Peut-être ne l'avez-vous jamais formulé ainsi : « mon corps me fait peur ». Mais l'évitement est là.

Ce n'est pas un défaut

Jeune femme pensive, en proie à une émotionVous n'êtes pas seule, ni « à côté de la plaque ». Avoir peur de son corps est une réaction logique quand ce corps a été source de douleur, de honte, d'inconfort prolongé, ou quand certaines sensations ont été associées à des moments difficiles. Quand sentir a fait mal, il est compréhensible de ne plus vouloir sentir.

Cette peur n'est pas un problème à résoudre en urgence. C'est une protection, qui a sans doute été utile à un moment de votre vie.

Quand les sensations elles-mêmes font peur

Il existe une forme particulière de cette peur, bien connue en psychologie : la peur de ses propres sensations physiques. On parle de sensibilité à l'anxiété. Un cœur qui accélère, un souffle plus court, un léger vertige sont alors vécus comme menaçants, et la peur de ces sensations les amplifie à son tour. C'est un mécanisme que l'on retrouve souvent dans les attaques de panique.

Si ces moments vous arrivent, avec l'impression de perdre le contrôle ou qu'il va vous arriver quelque chose de grave, parlez-en à votre médecin. Les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) ont fait leurs preuves pour ces difficultés, notamment en aidant à apprivoiser progressivement les sensations redoutées.

Le corps, un messager que l'on préfère ignorer

Le corps envoie des signaux en permanence : tensions, nœuds, zones engourdies, douleurs diffuses. Parfois, on pressent que derrière une sensation inconfortable se cache quelque chose qu'on n'a pas envie d'affronter : une émotion, un souvenir, une part de soi mise de côté.

Le corps n'est pas un disque dur qui stockerait nos souvenirs, mais il a appris des réactions, parfois il y a longtemps, qui se réveillent encore aujourd'hui. J'en parle plus en détail dans l'article sur la mémoire du corps.

Alors on préfère ne pas écouter, et rester dans le contrôle mental, là où l'on se sent en sécurité. Ce n'est pas de la faiblesse : c'est une façon de s'adapter. Si vous vous reconnaissez aussi dans le fait de « vivre dans votre tête », l'article je vis dans ma tête : comment revenir dans mon corps peut vous parler.

De quoi avez-vous peur, exactement ?

Si vous prenez un instant pour vous poser la question : qu'est-ce que vous craignez de ressentir, si vous laissez votre corps s'exprimer ?

Peut-être de la tristesse. Peut-être de la colère. Peut-être une vulnérabilité que vous ne voulez pas montrer, même à vous-même. Peut-être la peur d'être submergée, de ne plus rien contrôler.

Vous avez le droit d'avoir peur, et le droit de ne pas vouloir sentir tout de suite. Il n'y a aucune obligation à « affronter » quoi que ce soit selon un calendrier imposé. Réapprendre à faire confiance à son corps ne se décrète pas : cela se fait à votre rythme.

Parfois, la peur ne porte pas sur vos sensations, mais sur le fait d'être touchée. C'est une autre question, que j'aborde dans l'article sur la peur du toucher.

Réapprivoiser son corps dans un cadre sécurisant

Femme recevant un massage bien-être, dans un cadre calme et sécurisantIl existe des espaces où l'on peut recommencer à écouter son corps sans être submergée, où la sécurité est posée dès le départ et où personne ne vous pousse à sentir plus que ce que vous pouvez accueillir.

C'est le sens de l'accompagnement psychocorporel que je propose : un espace pour réapprivoiser progressivement ses sensations, sur plusieurs séances, dans un cadre stable, détaillé dans mes engagements déontologiques. Le toucher, lent et prévisible, permet au corps de se détendre sans que la tête ait besoin de tout contrôler. Petit à petit, les sensations peuvent devenir moins menaçantes, parfois même agréables. Une respiration plus lente aide aussi, comme je l'explique dans l'article sur la façon de respirer pendant un massage.

Ce n'est ni magique ni rapide, mais c'est possible.

Si votre peur du corps est liée à un traumatisme, un accompagnement psychologique spécialisé est recommandé en priorité. Le travail corporel ne remplace pas une psychothérapie adaptée au trauma, il peut la compléter, en accord avec votre thérapeute.

Prendre le temps qu'il faut

Retrouver son corps après l'avoir tenu à distance pendant des mois ou des années demande du temps, de la patience et de la douceur envers soi-même. Il n'y a pas de chronomètre, pas de performance à atteindre. Juste un chemin, à votre manière.

Si vous avez besoin d'un espace pour cela, la porte est ouverte, sans pression. Découvrez l'accompagnement psychocorporel.