Il y a des moments où tu te retrouves à t'endormir en pensant à ce que tu as oublié de faire. Pas pour toi. Pour quelqu'un d'autre.
Le repas du lendemain. Le rendez-vous à déplacer. Le formulaire à rendre. La personne à rappeler. Et en dessous de tout ça, quelque chose de plus sourd, plus difficile à nommer : l'impression que toi, quelque part, tu as glissé entre les mailles. Que tu t'occupes de tout, de tout le monde — et que personne ne s'occupe vraiment de toi.
Ce n'est pas une plainte. C'est une observation. Et parfois, c'est presque honteux à formuler. Comme si avoir besoin d'attention pour soi-même était une faiblesse, un luxe, quelque chose qu'on ne devrait pas vraiment vouloir.
Ce que les chiffres disent (et que tu ressens sans les avoir lus)
Tu n'es pas seule dans cet épuisement. Loin de là.
En 2022, une enquête IFOP sur le burn-out maternel révélait que 59% des mères aimeraient disposer de temps exclusivement pour elles. Pas pour la famille. Pas pour le couple. Pour elles. 68% se disaient fatiguées physiquement, 57% moralement épuisées. Et 43% ne se sentaient pas accompagnées au quotidien.
Plus récemment, des données de la DREES (2025) montrent que les mères passent en moyenne une heure de plus par jour avec leurs enfants que les pères — même quand les deux travaillent à temps plein.
Ce n'est pas une question de mauvaise volonté, ni d'organisation défaillante. C'est une réalité structurelle. Et elle use.
Quand le réservoir se vide
Il y a quelque chose qu'on dit rarement clairement : on ne peut pas donner sans jamais recevoir. Ce n'est pas du bon sens bienveillant — c'est presque mécanique.
La charge de care, c'est ça : être celle qui donne de l'attention, de l'énergie, de la présence. En continu. Aux enfants, au conjoint, aux parents vieillissants, aux collègues, aux amis en difficulté. Et dans ce flux constant vers les autres, il y a peu de place — parfois aucune — pour que quelque chose revienne vers toi.
Le réservoir se vide. Lentement d'abord, puis plus vite. Et à un moment, tu fonctionnes à sec. Tu continues, parce que c'est comme ça, parce qu'on compte sur toi, parce qu'arrêter ne semble pas une option. Mais quelque chose en toi sait que ce n'est pas tenable.
Ce n'est pas de l'égoïsme que de le remarquer. C'est juste honnête.
Avoir besoin d'attention pour toi — pas en tant que mère, pas en tant que conjointe
Il y a une nuance importante ici, et elle mérite d'être posée.

Avoir besoin de temps pour soi, ce n'est pas la même chose qu'avoir besoin d'attention pour soi. Le temps pour soi, on peut l'imaginer seule, dans le silence, à ne rien faire. C'est déjà précieux. Mais parfois ce qui manque, c'est d'être l'objet de l'attention de quelqu'un d'autre. D'être prise en charge. De recevoir, sans avoir à gérer, à anticiper, à performer.
Pas en tant que mère. Pas en tant que conjointe. Pas en tant que professionnelle ou aidante ou personne responsable de quoi que ce soit. Juste toi. Dans ton corps. Présente.
C'est un besoin légitime. Et il est souvent le dernier de la liste — quand il y figure.
Tu as le droit d'avoir besoin de ça. C'est ok de ne pas toujours vouloir être celle qui donne.
Ce qu'on peut faire — et ce qu'on ne peut pas toujours faire
Il n'y a pas de solution simple à mettre en place du jour au lendemain. Déléguer, demander de l'aide, ralentir — ces mots sonnent parfois comme des injonctions supplémentaires, des choses de plus à gérer, à organiser, à expliquer aux autres.
Alors plutôt qu'une liste de conseils, une question : quand est-ce que quelqu'un s'est occupé de toi, pour toi seule, pour la dernière fois ?
Pas pour t'aider à être plus disponible pour les autres ensuite. Pas pour que tu te sentes mieux afin de mieux fonctionner. Juste pour toi. Parce que tu es là, et que tu mérites de recevoir de l'attention.
Si cette question est difficile à répondre, c'est peut-être un signal.
Le massage prénatal — et ce qu'on oublie de dire
Il y a une chose qu'on dit rarement sur le massage prénatal : ce n'est pas pour le bébé.
On le présente souvent dans cet angle-là. Pour le lien mère-enfant, pour la sérénité du bébé, pour la grossesse apaisée. Tout ça est réel. Mais ce n'est pas le point de départ.
Le massage prénatal, c'est pour la femme qui porte l'enfant. Pour son corps à elle — qui se transforme, qui porte, qui s'adapte. Pour elle qui n'arrête peut-être pas de s'occuper des autres même enceinte, qui continue de travailler, de gérer, de penser à tout.
Pendant 1h à 1h30, il n'y a rien à gérer. Rien à surveiller. Rien à anticiper. Tu reçois de l'attention — pour toi, pour ce corps qui fait un travail considérable — sans avoir à donner quoi que ce soit en retour.

C'est rare. Et c'est exactement ce que beaucoup de femmes n'ont pas depuis longtemps.
Si tu es enceinte et que tu veux en savoir plus sur cette approche, tu peux lire la page dédiée au massage femme enceinte.
Juste ça
Avoir besoin qu'on s'occupe de toi, c'est humain. Ce n'est pas un signe que tu fais mal les choses. Ce n'est pas un aveu de faiblesse. C'est simplement vrai.
Si quelque chose dans cet article a résonné, tu peux prendre contact. Sans engagement, sans urgence. À ton rythme.

Praticien certifié en Relation d'Aide par le Toucher®
Membre de la FFMBE
Respire. Libère ce que ton corps retient. Reviens à toi.
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📍 Flines-lez-Râches — près de Douai, Orchies, Valenciennes
