Il y a des soirs où vous vous endormez en pensant à ce que vous avez oublié de faire. Pas pour vous. Pour quelqu'un d'autre.
Le repas du lendemain. Le rendez-vous à déplacer. Le formulaire à rendre. La personne à rappeler. Et en dessous, quelque chose de plus sourd, plus difficile à nommer : l'impression d'avoir glissé entre les mailles. Vous vous occupez de tout, de tout le monde, et personne ne s'occupe vraiment de vous.
Ce n'est pas une plainte. C'est un constat. Et il est parfois presque honteux à formuler, comme si avoir besoin d'attention pour soi était une faiblesse ou un luxe.
Ce que disent les chiffres (et que vous ressentez sans les avoir lus)
Vous n'êtes pas seule dans cette fatigue.
En 2022, une enquête Ifop sur le burn-out maternel interrogeait 1 002 mères de jeunes enfants. 68 % se disaient fatiguées physiquement, 57 % moralement épuisées, et 43 % ne se sentaient pas accompagnées au quotidien.
Plus récemment, la DREES (2025) montrait que, lorsque les deux parents travaillent à temps complet, la mère passe en moyenne une heure de plus par jour que le père avec leurs jeunes enfants.
Une nuance : un sondage mesure un ressenti, pas un diagnostic. Le burn-out parental existe bien, et la recherche l'étudie avec des outils validés. Mais on n'a pas besoin d'en être là pour avoir le droit d'être fatiguée. Ce n'est ni une question de mauvaise volonté ni de mauvaise organisation. C'est une charge réelle, et elle use.
Quand le réservoir se vide
On le dit rarement clairement : on peut difficilement donner longtemps sans jamais recevoir.
C'est ce qu'on appelle la charge de care : être celle qui donne de l'attention, du temps, de la présence. En continu. Aux enfants, au conjoint, aux parents vieillissants, aux collègues, aux amis en difficulté. Dans ce flux constant vers les autres, il reste peu de place, parfois aucune, pour que quelque chose revienne vers vous.
Le réservoir se vide. Lentement d'abord, puis plus vite. Vous continuez, parce qu'on compte sur vous et qu'arrêter ne semble pas une option. Et souvent, la tête ne s'arrête plus : vous vivez dans la liste des choses à faire, loin de votre corps. J'en parle dans quand la tête ne s'arrête jamais.
Le remarquer n'est pas de l'égoïsme. C'est de l'honnêteté. J'en parle aussi côté corps dans charge mentale : ce que je vois en séance.
Avoir besoin d'attention pour vous, pas en tant que mère ni en tant que conjointe

Avoir besoin de temps pour soi, ce n'est pas la même chose qu'avoir besoin d'attention pour soi. Le temps pour soi, on peut l'imaginer seule, dans le silence. C'est déjà précieux. Mais parfois, ce qui manque, c'est d'être l'objet de l'attention de quelqu'un d'autre. De recevoir, sans avoir à gérer, à anticiper, à assurer. C'est tout le sens de la présence de l'autre dans un moment de soin.
Pas en tant que mère. Pas en tant que conjointe, professionnelle ou aidante. Juste vous, dans votre corps, présente.
Ce besoin peut exister même dans un couple qui va bien, comme le montre ce manque de toucher, même en couple dont beaucoup de femmes me parlent. C'est un besoin légitime, et il est souvent le dernier de la liste, quand il y figure.
Ce qu'on peut faire, et ce qu'on ne peut pas toujours faire
Il n'y a pas de solution simple à mettre en place du jour au lendemain. Déléguer, demander de l'aide, ralentir : ces mots sonnent parfois comme des injonctions de plus, des choses supplémentaires à organiser et à expliquer.
Alors plutôt qu'une liste de conseils, une question : quand quelqu'un s'est-il occupé de vous, pour vous seule, pour la dernière fois ?
Pas pour vous rendre plus disponible ensuite. Pas pour que vous fonctionniez mieux. Juste pour vous.
Si cette question est difficile, c'est peut-être un signal.
Un repère aussi : si la fatigue ne passe plus avec le repos, si le sommeil se dérègle, si vous vous sentez vide, irritable ou loin de vos enfants, parlez-en à votre médecin, à votre sage-femme ou à un psychologue. Après une naissance, la dépression post-partum concerne environ une mère sur six, et elle se soigne. Si des idées noires apparaissent, le 3114 répond jour et nuit.
Pendant et après la grossesse : un temps pour recevoir

On le présente souvent sous cet angle : le lien mère-enfant, une grossesse sereine. Mais le point de départ, c'est la femme qui porte l'enfant. Son corps à elle, qui se transforme, qui porte et s'adapte, comme je l'écris à propos des transformations du corps pendant la grossesse. Et elle, qui continue souvent de travailler, de gérer et de penser à tout, même enceinte.
Le temps de la séance, il n'y a rien à gérer, rien à surveiller, rien à anticiper. Vous recevez de l'attention, pour ce corps qui fait un travail considérable, sans rien avoir à donner en retour. Le massage femme enceinte est pensé pour cela, et les questions fréquentes sur le massage de la femme enceinte répondent aux points pratiques.
Après la naissance, le besoin ne disparaît pas, bien au contraire. Le massage post-natal offre ce même temps, quand vous vous sentez prête. Et si vous n'êtes ni enceinte ni jeune maman, le massage bien-être reste un moment pour vous seule.
Ce n'est pas un soin médical, et cela ne remplace pas un suivi si vous en avez besoin. C'est un moment où, pour une fois, c'est vous qu'on accueille.
Juste ça
Avoir besoin qu'on s'occupe de vous, c'est humain. Ce n'est pas le signe que vous faites mal les choses, ni un aveu de faiblesse. C'est simplement vrai.
Si quelque chose dans cet article a résonné, vous pouvez réserver un moment pour vous, sans urgence, à votre rythme.
