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Se sentir bien dans son corps, ce qu'elles vivent lors d'un massage

Par geoffrey / 23 juin 2026

Je ne sais pas toujours pourquoi une femme vient me voir. Elle me dit rarement, au moment de réserver, ce qu'elle porte vraiment. Parfois elle me le confie après la séance. Parfois jamais. Et c'est très bien ainsi.

Ce que je sais, c'est que ce qui se passe ici est rarement ce qu'on attend d'un massage. Pas juste des épaules décontractées. Quelque chose de plus difficile à nommer, et c'est souvent ça qui revient dans les retours que je reçois.

Ce que je propose, et comment je le vis

Ce que je cherche à créer, ce n'est pas une prestation. C'est un espace. Un endroit où la personne peut se sentir accueillie pour se mettre en lien avec elle-même. Le toucher, pour moi, c'est un mode de communication. Pas des gestes appliqués sur un corps, une façon d'entrer en lien, de faire sentir quelque chose qui ne passe pas par les mots.

À chaque séance, je n'ai pas d'objectif pour l'autre. Je n'attends rien. Ce que je rencontre, c'est une vie, une histoire que je ne connais pas encore. Et j'en suis le témoin. C'est ce qui fait que chaque séance est une découverte, pour elle, et souvent pour moi aussi.

Je ne saurai pas toujours si quelque chose s'est passé. Parfois il y a une ambiance particulière qui me le dit, quelque chose dans la respiration, dans le poids du corps qui change. Parfois rien de visible. Et pourtant, ces femmes me disent ensuite que quelque chose s'est déplacé en elles. Intérieurement.

Gros plan du massage de la voute plantaire

Ce que ces femmes cherchent, avant même de le savoir

Quand je demande à mes clientes comment elles auraient formulé leur recherche, les réponses se ressemblent sans se copier. "Un moment pour moi". "Quelque chose de différent d'un massage classique". "Un espace pour souffler". "Une pause dans le tourbillon qu'est la vie".

Certaines n'auraient pas cherché du tout. Elles ont suivi une recommandation, accepté une carte cadeau, cédé à une envie qu'elles n'osaient pas vraiment nommer. L'une d'elles me confie qu'elle n'éprouvait plus de plaisir à se faire masser. Trop de choses en tête, plus capable de se déconnecter. Elle est venue parce que sa carte cadeau arrivait à expiration.

"Après la séance, j'ai l'impression d'être une autre personne, apaisée, calme, sereine. Tout ce que je ne suis pas dans mon quotidien."

Une autre ne savait même pas que j'étais un homme quand elle a sonné à la porte. Son mari lui avait offert la séance via une plateforme. Sa première pensée en me voyant ouvrir : "Qu'est-ce que je fais ici ?". Elle est restée. Et elle est repartie en disant que c'était une "bonne surprise".

Une autre me dit qu'elle hésitait à réserver, non pas par peur de moi, mais par peur d'elle-même.

"J'avais l'impression de ne pas être prête à lâcher prise."

Ce frein-là, je l'entends parfois. Pas la peur du toucher, la peur de ce qui pourrait émerger.

Ce qu'elles cherchent, sans toujours l'articuler, c'est un endroit où déposer les valises et les abandonner. Un espace où le corps peut exister sans être en service.

L'échange avant la séance, ce moment qui change tout

La séance ne commence pas quand je pose les mains. Elle commence dans les quelques minutes d'échange qui précèdent. Ce temps-là, je ne le rogne jamais.

On parle de ce que le corps porte aujourd'hui. Des préférences, du rythme, de ce qui met à l'aise. Je dis comment je travaille, j'annonce ce que je vais faire. Je rappelle qu'on peut ajuster à tout moment, l'intensité, les zones, la tenue, le rythme. Que c'est moi qui m'adapte, pas l'inverse.

Ce que plusieurs de ces femmes m'ont dit, c'est que c'est là que quelque chose s'est dénoué, avant même qu'on commence.
L'une d'elles le formule ainsi :

"Le fait de me dire que cet espace m'appartient et que je suis libre d'accueillir mes émotions, mes ressentis, ça change tout."

Une autre, qui souhaitait rester couverte, me l'a dit lors de cet échange, et c'est exactement ce qui s'est passé :

"Tu m'as expliqué ta façon de procéder, ce qui m'a rassurée. J'ai compris qu'il n'était nullement question d'être observée."

Quand on sait qu'on peut ajuster ou arrêter à tout moment, on n'a plus besoin de rester sur ses gardes. Et c'est souvent là que le vrai lâcher-prise devient possible.

Pendant le massage, recevoir sans attente

Ce qui revient le plus souvent dans les retours de mes clientes, ce n'est pas la technique. C'est quelque chose qu'une femme a formulé simplement :

"Ça fait du bien d'être touchée sans qu'il y ait d'attente derrière."

Dans le quotidien, le toucher est rarement neutre. Il porte presque toujours quelque chose, une demande, une habitude, un enjeu. Ici, rien de tout ça. Le geste est entièrement pour elle.

Ce que plusieurs de ces femmes me disent, c'est qu'elles ont senti que j'étais là, vraiment là, pas en train d'appliquer une technique. Une praticienne elle-même formée au toucher me l'a formulé ainsi :

"J'ai senti durant tout le soin que tu étais là, à l'écoute de mes réactions, de ce que mon corps renvoyait."

Ce n'est pas anodin. Et ce n'est pas toujours simple à recevoir, au début. Certaines de ces femmes me disent qu'elles ont pleuré sans savoir pourquoi. Pas de tristesse, plutôt quelque chose qui se libère, qui cherchait à sortir depuis longtemps. D'autres décrivent une sensation d'être "chamboulées dans le bon sens du terme", comme si quelque chose s'était déplacé sans qu'elles l'aient décidé.

"Plus les séances avançaient, plus je me connectais à mon corps, mes sensations, et même mon image. On accède à l'acceptation de soi."

D'autres vivent quelque chose de plus discret et tout aussi réel, une respiration qui s'allonge, un corps qui pèse moins, une légèreté qu'une femme décrit comme "flottante, comme dans le coton". Un silence intérieur qu'elles n'avaient plus depuis longtemps.

La question du praticien homme

Elle traverse l'esprit de beaucoup de femmes avant la première séance. Je le sais parce qu'elles me le disent, souvent après, rarement avant.

Ce que j'entends le plus, ce n'est pas la peur du toucher. C'est la peur du regard.

"Je craignais de ne pas pouvoir être topless. Je n'avais pas envie d'être observée."

Cette nuance est importante. Ce n'est pas ma masculinité qui pose problème, c'est la question de savoir si l'espace sera vraiment sécure.

Une praticienne formée au toucher me dit quelque chose d'honnête :

"Toucher à l'intime est souvent plus facilement vécu pour une femme lorsque c'est une femme. C'est en cela que les retours d'expériences et le bouche à oreille pourront t'être bénéfiques."

Elle a raison. Ce frein est réel. Ce qui le dissout, ce n'est pas un argument, c'est une expérience.

Ma réponse à cette question, ce n'est pas des mots. C'est le cadre. L'entretien avant, l'annonce des gestes, le respect de la pudeur et des limites, la permission d'adapter ou d'arrêter à tout moment. Ce sont des choses concrètes qui disent quelque chose que les mots ne suffisent pas à dire.

Une cliente me fait une remarque qui m'a surpris et que je n'oublie pas :

"Parce que tu es un homme, tu es d'autant plus vigilant à mettre en confiance et à rassurer les clientes. En général je n'ose pas interrompre un massage, mais comme tu m'avais dit qu'il ne fallait pas hésiter, je n'ai pas hésité."

Femme allongée en fin de séance qui reçoit un toucher bienveillant sur le dos

Ce qu'elles emportent

L'après-séance est souvent ce qui surprend le plus. On attendait de la détente, on repart avec quelque chose de plus difficile à nommer.

"Je me sentais MOI, vraie, sans filtres, sans masques. C'est tellement rare."

"Un massage où l'on apprend peu à peu à prendre conscience de soi et où l'on s'autorise à ressentir et laisser partir certaines émotions sans pour autant les contrôler."

"J'ai comme l'impression d'avoir fait un reset du corps et de l'esprit, d'être plus recentrée sur l'essentiel."

Ces phrases, venues de ces femmes, disent la même chose avec des mots différents. Un sentiment d'être revenue à soi. Moins de poids. Une présence à soi-même qu'on ne savait plus qu'on pouvait retrouver. D'autres parlent simplement d'un relâchement profond, pas besoin de plus de mots que ça.

Certaines n'en parlent pas autour d'elles. Pas par gêne, mais parce que c'est précieux. Ce moment leur appartient. D'autres le recommandent simplement : "Tu peux y aller les yeux fermés."

Ce qui se passe dans une séance n'est pas toujours racontable. C'est peut-être pour ça qu'il faut parfois le vivre pour le comprendre.

Cet article a été écrit à partir de ce que des femmes ont bien voulu partager avec moi. Je les remercie pour leur confiance.

Vous hésitez, vous ne savez pas trop ce que vous cherchez. C'est exactement là où ça commence.

Praticien certifié en Relation d'Aide par le Toucher®
Membre de la FFMBE

Respire. Libère ce que ton corps retient. Reviens à toi.
🤲 Accompagnement psychocorporel
💆‍♀️ Massage bien-être et futures mamans
📍 Flines-lez-Râches — près de Douai, Orchies, Valenciennes

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