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Comment lâcher prise : ce que le corps sait déjà

Par geoffrey / 4 avril 2026

Beaucoup de personnes qui viennent me voir me disent qu'elles n'arrivent pas à lâcher prise. Qu'elles sont prises dans un flux qui avance sans s'arrêter. Que les ruminations tournent, que la fatigue s'accumule, et qu'elles aimeraient juste faire une pause.

Ce qui m'intéresse dans cette formulation, c'est qu'elles disent souvent "je n'arrive pas" alors qu'en réalité, elles ne s'autorisent pas. Ce n'est pas la même chose.

"Je n'arrive pas à lâcher prise" — ou plutôt : je ne m'y autorise pas

Il y a des injonctions sociales puissantes autour du faire, de l'être utile, d'être disponible. Dans ce contexte, prendre du temps pour soi — du temps de "rien", du temps qui ne produit rien — peut sembler difficile à justifier. Même à soi-même.

Certaines personnes me parlent aussi de la difficulté à dire "je ne sais pas" ou "je n'ai pas envie de prendre part à cette conversation". Comme si ne pas avoir d'avis, ne pas participer, ne pas être en action, les rendait moins légitimes.

Lâcher prise commence souvent par décider que ce temps-là, il est pour soi. C'est un acte volontaire — mais seulement dans un sens : celui d'aller vers un espace qui l'invite. Ce qui suit ne se contrôle pas.

Pourquoi vouloir lâcher prise ne fonctionne pas

C'est le paradoxe central. La décision d'aller vers le lâcher prise est utile. Mais une fois qu'on est là, y mettre de la volonté produit l'effet inverse.

J'ai des clientes dont je sens le corps très tendu tout au long de la séance. En fin de massage, elles me disent parfois : "Je me suis concentrée pour lâcher prise." Quand je leur répète leur phrase à voix haute, parfois elles entendent elles-mêmes la dissonance. Se concentrer pour lâcher, c'est rester dans l'effort — précisément là où le lâcher prise ne peut pas exister.

Le lâcher prise n'est pas quelque chose qu'on fait. C'est quelque chose dans quoi on entre. On s'en rend compte après que ça arrive. Quand on est dedans, c'est un état qui se vit sans vraiment s'en rendre compte — un peu plus léger, un peu méditatif. C'est le petit moment de conscience juste après qui nous fait réaliser qu'on était en train de se relâcher. En en prenant conscience, c'est déjà un peu fini.

Ce que le corps fait quand il ne lâche pas

Un corps qui ne lâche pas reste en vigilance. Sous mes mains, je sens une tonicité qui ne cède pas, une réactivité au toucher. Parfois, avec les meilleures intentions du monde, la personne lève son bras pendant que je le porte — pour m'aider, pour participer. À ce moment-là, je lui dis : "C'est moi qui porte. Tu peux me donner le poids de ton bras."

Cette phrase fait souvent quelque chose de simple mais de concret. Elle invite la personne à expérimenter ce que ça fait de ne plus tenir. Pas de manière abstraite — dans son bras, là, maintenant.

Je peux aussi dire : "Laisse ta jambe tomber comme si elle pouvait tomber à terre — mais elle ne le fera pas, car je la soutiens." Parfois, cela aide à sentir un tout petit relâchement. Un premier aperçu de ce que c'est.

Ce qui se passe dans le corps quand il ne lâche pas n'est pas un défaut. Ce n'est pas une résistance au sens d'un refus conscient. Ce sont des mécanismes qui se sont mis en place, une façon de se vivre qui a souvent été utile à un moment. Je reste observateur, sans jugement.

Ce qui se passe en séance — et ce que ça laisse

Dans mon cabinet, l'espace est prévu pour inviter au relâchement. Je le rappelle souvent : il n'y a rien à atteindre ici. Il n'y a pas de bonne façon de vivre un massage. Je n'attends rien.

Je ne dis pas "relâche-toi maintenant". Je vais plutôt inviter à sentir : "Je t'invite à me laisser porter ton bras." "Et si tu laissais ta jambe tomber sur le futon — sens comment ça fait." Quand je perçois un léger relâchement, je le nomme doucement : "Comment c'est pour toi là ?" ou "Sens comme c'est différent en ce moment."

Je respire aussi de façon ample et sonore pendant la séance. Pas pour demander à la personne de faire pareil — mais pour qu'elle entende que c'est possible, si elle en a envie.

Ce qui se passe après une séance où quelqu'un a vraiment lâché prise est souvent surprenant. "Je ne pensais pas arriver autant à me détendre." "Je me sens détendue, mais maintenant je sens des endroits douloureux que j'avais oubliés." "Je devrais faire ça plus souvent — finalement, c'est tellement simple."

Cette phrase revient souvent. Parce que ce n'est pas simple à atteindre. Mais quand ça arrive, ça semble évident.

Le corps garde une trace

Mentalement, une personne peut vite oublier ce qu'elle a vécu en séance. Mais ce qui a été ressenti dans le corps laisse quelque chose. Une petite trace, un petit chemin. Le corps a senti que ça pouvait être différent — qu'il était possible de se déposer.

À d'autres endroits de sa vie, cette personne pourra parfois re-contacter ce relâchement. Ou sentir qu'il lui manque. Ce n'est pas intellectuel, c'est instinctif. Le corps a initié quelque chose.

C'est en ça que le lâcher prise en séance et le lâcher prise dans la vie sont liés, sans être la même chose. L'un ouvre une porte. Ce que la personne en fait ensuite lui appartient.

Lâcher prise n'est pas toujours la bonne réponse

Je veux dire quelque chose qui va peut-être à l'encontre de beaucoup de discours sur le bien-être : lâcher prise n'est pas toujours ce dont on a besoin.

Si le corps tient, c'est souvent parce que c'est la meilleure façon qu'il a trouvée de gérer ce qui se passe. Pensez à quelqu'un qui vit dans un environnement devenu incohérent, dans lequel il n'a pas de pouvoir réel sur ce qui lui arrive. Baisser sa vigilance dans ce contexte ne serait pas libérateur — ce serait dangereux. Tenir bon peut être la seule chose juste à faire.

Ce qui me met en colère, c'est l'idée que si quelqu'un va mal, c'est parce qu'il n'a pas fait les bons efforts pour aller mieux. Le corps qui résiste a souvent ses raisons. Ce n'est pas un dysfonctionnement à corriger — c'est une intelligence à écouter.

La Relation d'Aide par le Toucher® que je pratique est fondée sur une posture issue des travaux de Carl Rogers : on travaille avec ce qui est là, sans chercher à le transformer selon un protocole. On accueille ce qui arrive — y compris quand ce qui arrive, c'est que rien ne se relâche.

Ce que je propose

Dans mon cabinet à Flines-lez-Râches, je ne propose pas un objectif de lâcher prise. Je propose un espace pour explorer ce que le toucher peut permettre — à chaque personne, à son rythme, selon ce qui est possible pour elle.

Pour certaines, le massage bien-être sera un premier contact avec le relâchement — une façon de sentir ce que ça fait de recevoir un toucher en conscience, sans attente particulière.

Pour celles qui souhaitent aller plus loin — qui ont senti qu'il y a quelque chose à explorer, un chemin personnel à clarifier — l'accompagnement psychocorporel peut être une suite naturelle. On travaille alors avec les mécanismes qui se manifestent dans le corps, avec les émotions qui bougent, à un rythme qui est le vôtre.

Si vous pensez que passer par le corps est une réponse possible à ce que vous traversez, venez essayer. Ce qui se passera, je ne peux pas le prévoir. Mais je serai là pour l'accompagner.

Questions fréquentes sur le lâcher prise

Peut-on apprendre à lâcher prise ?

Le lâcher prise ne s'apprend pas comme une compétence. Il se découvre, souvent par accident — dans des moments où les conditions sont réunies pour qu'il arrive. Ce qu'on peut faire, c'est créer ces conditions : choisir un espace, une pratique, une présence qui invitent au relâchement sans l'exiger.

Pourquoi est-ce que je n'arrive pas à lâcher prise pendant un massage ?

Souvent parce qu'on essaie. La volonté de lâcher maintient dans l'effort, ce qui est exactement l'opposé du relâchement. En séance, je travaille à créer un espace dans lequel lâcher prise devient possible sans qu'on ait à le vouloir.

Le lâcher prise passe-t-il forcément par le corps ?

Pour moi, oui — parce que le corps est là où le lâcher prise se vit physiquement. La respiration, la tonicité musculaire, la façon dont on tient ses membres : tout cela traduit un état. Travailler avec le corps permet d'accéder à quelque chose que le mental seul ne peut pas produire.

Est-ce que tout le monde peut lâcher prise en séance ?

Non, et c'est normal. Certaines personnes arrivent à une séance avec un corps très tonique, très en vigilance. C'est respectable. Mon rôle n'est pas d'obtenir un résultat, mais d'accompagner ce qui est là. Parfois un premier relâchement arrive. Parfois non — et ce n'est pas un échec.

Lâcher prise et accompagnement psychocorporel, c'est la même chose ?

Le lâcher prise peut arriver pendant un massage sans qu'il y ait de travail psychocorporel. L'accompagnement psychocorporel va plus loin : il s'intéresse aux mécanismes qui se manifestent dans le corps, aux émotions qui bougent, aux schémas qui se répètent. C'est un chemin plus engagé, qui convient aux personnes qui souhaitent explorer quelque chose de précis dans leur façon de se vivre.

Praticien certifié en Relation d'Aide par le Toucher®
Membre de la FFMBE

Respire. Libère ce que ton corps retient. Reviens à toi.
🤲 Accompagnement psychocorporel
💆‍♀️ Massage bien-être et futures mamans
📍 Flines-lez-Râches — près de Douai, Orchies, Valenciennes

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